All’Illust[rissi]ma et Eccell[entiss]ima Signora,
La Signora Donna Isabella
De’ Medici Orsina,
Duchessa di Bracciano.
Conosco veramente Illustriss[ima] et Eccellentiss[ima] Signora, che queste mie primitie, per la debolezza loro, non possono partorir quell’effetto, ch’io vorrei, che sarebbe, oltre il dar qualche testimonio all’Eccell[enza] Vostra della divotion mia, di mostrar anche al mondo (per quanto mi fosse concesso in questa profession della Musica) il vano error de gl’huomini, che de gli alti doni dell’intelletto tanto si credono patroni, che par loro, ch’alle Donne non possono medesimamente esser communi. Ma con tutto ciò non ho voluto mancar di mandarle in luce, sperando che dal chiaro nome di Vostra Eccellentia (a cui riverentemente le dedico), tanto di lumi debbano conseguire, che da quello possa accendersi qualche altro più elevato ingegno, a dimostrar con chiari effetti quello che non ho potuto dimostrar’io se non con l’animo. Gradisca dunque l’eccellentia Vostra questa mia candida intentione, e se da così immaturi frutti non me ne potrà venir quella lode, che sola è il premio delle virtuose fatiche, faccia almeno la bontà di lei, ch’io ne goda il premio della sua gratia, che così, se non per buoni, almeno per fortunatissimi saranno da me sempre riputati ; et a Vostra Eccellentia humilmente bacio le mani.
Di Venetia il di x. d’Aprile. 1568.
Di Vostra Eccell[enza]
Humilissima Servitrice
Madalena Casulana
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À l’Illustrissime et Excellentissime Signora
La Signora Donna Isabelle
De Médicis Orsina,
Duchesse de Bracciano.
Je sais bien, Illustrissime et Excellentissime Signora, que mes premières œuvres, par leur faiblesse, ne pourront avoir l’effet que je souhaiterais, qui serait, en plus de témoigner ma dévotion envers Votre Excellence, de révéler aussi au monde (pour autant que cela me soit permis dans la profession de la musique) la vaine erreur des hommes, qui se croient maîtres des dons de l’intellect au point qu’il leur semble impossible de partager ces derniers avec les femmes. Néanmoins, je n’ai pas voulu manquer de les publier, en espérant que du nom glorieux de Votre Excellence (à qui je les dédie révéremment) elles puissent obtenir tant de lumière qu’un esprit [ingegno] plus élevé pourra s’allumer à celui-ci pour démontrer par un effet évident ce que je n’ai pu démontrer que de toute mon âme. Que Votre Excellence agrée mon intention candide et si, de fruits si immatures, je ne puis recevoir les louanges qui sont le seul fruit du labeur vertueux, qu’au moins votre bonté fasse que je jouisse du prix de votre grâce afin que je les considère pour toujours si ce n’est bons, au moins très fortunés. Je baise humblement la main de Votre Excellence.
De Venise, le 10 avril 1568.
De Votre Excellence
La très humble servante,
Maddalena Casulana.
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